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Photographie,
langage et message
Une
pratique photographique au service de "l'ouverture
du regard"
Le photographe
n'a rien à dire, a-priori, il n'a que des images à faire
découvrir.
Pour
"écrire", il n'utilise pas de syntaxe, ne respecte pas de grammaire;
les règles ne sont pas prédéfinies et son langage
peut même paraître inconnu voire incompréhensible
au premier abord. C'est le mystère de la création photographique
qui induit surprise et interrogation.
Ceci
revient à penser qu'il ne s'exprime pas d'abord par la parole,
mais par un message visuel que "l'interlocuteur" supposé (le
spectateur) sera à même de déchiffrer, décrypter,
analyser, interpréter, accepter ou ignorer.
Il pourra
le faire, non pas en se servant d'un code préétabli,
mais avec ses émotions (sa sensibilité), sa culture
d'image (son vécu, impliquant une référence
à la mémoire).
La
photo classique (courante, grand public, commerciale) a pour objet
de délivrer un message simple, direct, compréhensible
immédiatement par un grand nombre de personnes.
Cette
approche est comparable, dans le domaine de l'écrit, à
celle du message publicitaire, du journal quotidien ou encore au roman
populaire.
Leur
but est d'attirer vers un produit, de fixer des événements,
d'informer, de faire se souvenir, de raconter en se basant sur l'environnement
immédiat du plus grand nombre (affectivité primaire).
La
photo artistique (qui se situe dans une optique de recherche, d'innovation,
de création plastique), quant à elle, n'a pas pour intention
première "d'aller droit aux yeux" de son public, mais plutôt
de créer une ambiance, faite d'une part de mystère et
de secret, appréhendable par chaque spectateur de manière
différente.
On
pourrait alors dire de cette façon de voir, pour reprendre
le parallèle avec l'écrit, qu'il s'agit plus de poésie
induisant le rêve, de philosophie, d'"ouverture du regard"
(recherche esthétique dans la mise en forme du graphisme
ou des autres composants de l'image).
Pour illustrer ces propos, on peut citer Gabriel BAURET qui développe
dans un article intitulé "LA PHOTOGRAPHIE: PLURIELLE ET SINGULIERE"
une idée comparable:
"La
photographie est bien un langage, mais ce langage a plusieurs formes
et plusieurs applications. Et cette diversité est à
peu près la même que dans le cas du verbe : entre l'écriture
du journaliste et celle du poète, on retrouve la différence
qui existe entre la photographie du reporter, témoin attentif
de l'actualité, et celle de l'artiste qui sublime de façon
intemporelle dans le nu photographique les volumes du corps."
(Approches
de la photographie Ed Nathan Université 1992)
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